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Capacité thermique massique : exemples avec Q = mcΔT

26 octobre 20269 min de lecture
Capacité thermique massique : exemples avec Q = mcΔT

Deux récipients peuvent recevoir la même énergie et se réchauffer différemment. Une petite quantité d'eau gagne plus de degrés qu'une grande ; du cuivre et la même masse d'eau réagissent encore autrement. La capacité thermique massique traduit la part liée au matériau. L'équation Q=mcΔTQ=mc\Delta T est courte, mais on se trompe souvent en confondant chaleur et température, en utilisant des grammes avec une valeur donnée par kilogramme, ou en oubliant le signe négatif d'un refroidissement.

Nous allons calculer une chauffe, une masse inconnue, une température finale, un refroidissement et un mélange isolé. Un tableau d'erreurs d'unités et un bilan d'énergie rendent ces exemples réutilisables. Les valeurs de l'eau, du cuivre et de l'aluminium viennent de la table de chaleur massique d'OpenStax. Ce sont des valeurs représentatives pour des exercices, pas des constantes exactes à toute température.

Chaleur, température et capacité : trois grandeurs

La température décrit l'état thermique d'un matériau. Le transfert thermique QQ est de l'énergie qui franchit une frontière du fait d'une différence de température ; son unité est le joule. Un objet chaud ne « contient » pas de la chaleur comme une matière stockée. Il possède de l'énergie interne, et un transfert thermique peut l'augmenter ou la diminuer. Notre guide du travail et de l'énergie présente le bilan plus général qui rend cette distinction utile.

La capacité thermique massique cc dépend du matériau et de sa phase. En SI, elle représente des joules par kilogramme et par kelvin : J/(kg⋅K)\mathrm{J/(kg\cdot K)}. Pour l'eau liquide, les exercices introductifs utilisent souvent cw=4186 J/(kg⋅K)c_w=4186\ \mathrm{J/(kg\cdot K)} ; pour le cuivre, cCu=387 J/(kg⋅K)c_{Cu}=387\ \mathrm{J/(kg\cdot K)} ; pour l'aluminium, cAl=900 J/(kg⋅K)c_{Al}=900\ \mathrm{J/(kg\cdot K)}. Ces nombres donnent l'énergie nécessaire pour élever d'un kelvin un kilogramme d'une substance restée dans la même phase. Comme cc peut varier avec la température, nos calculs le supposent approximativement constant sur l'intervalle étudié.

La capacité thermique d'un échantillon particulier est C=mcC=mc, en J/K\mathrm{J/K}. Si vous doublez la masse du même matériau, CC double tandis que cc ne change pas. Pour 0,250 kg0{,}250\ \mathrm{kg} d'eau, C=0,250(4186)=1046,5 J/KC=0{,}250(4186)=1046{,}5\ \mathrm{J/K}. Il lui faut environ 1047 J1047\ \mathrm{J} pour gagner un kelvin dans ce modèle. Distinguer cc de CC évite une erreur fréquente dans les mélanges.

Lire Q = mcΔT avec des unités cohérentes

La variation de température est finale moins initiale :

Q=mcΔT,ΔT=Tf−Ti.Q=mc\Delta T,\qquad \Delta T=T_f-T_i.

Ici mm est la masse et QQ l'énergie transférée vers l'objet considéré. Un ΔT\Delta T positif donne un QQ positif lors de la chauffe. Un ΔT\Delta T négatif donne un QQ négatif lors du refroidissement. L'équation décrit une variation de température dans une seule phase, si cc peut être considéré constant sur cet intervalle.

Lorsque cc est en J/(kg⋅K)\mathrm{J/(kg\cdot K)}, la masse doit être en kilogrammes et la différence de température en kelvins. Une différence en degrés Celsius a la même valeur numérique : de 20∘C20^\circ\mathrm{C} à 60∘C60^\circ\mathrm{C}, la variation est 40∘C=40 K40^\circ\mathrm{C}=40\ \mathrm{K}. On n'ajoute pas 273,15 à une différence. Vous pouvez aussi employer J/(kg⋅∘C)\mathrm{J/(kg\cdot{}^\circ C)} avec une différence en degrés Celsius, mais ne combinez pas une masse en grammes avec une valeur de cc donnée par kilogramme.

Donnée dans l'énoncéÀ écrire dans l'équationErreur si on l'omet
250 g250\ \mathrm{g} d'eau0,250 kg0{,}250\ \mathrm{kg}Employer 250250 avec J/(kg⋅K)\mathrm{J/(kg\cdot K)} donne un résultat 10001000 fois trop grand
20∘C→60∘C20^\circ\mathrm{C}\to60^\circ\mathrm{C}ΔT=+40 K\Delta T=+40\ \mathrm{K}Prendre 6060 pour la variation surestime la chauffe
80∘C→30∘C80^\circ\mathrm{C}\to30^\circ\mathrm{C}ΔT=−50 K\Delta T=-50\ \mathrm{K}Oublier le signe moins masque l'énergie sortante
12,558 kJ12{,}558\ \mathrm{kJ}12 558 J12\,558\ \mathrm{J}Mélanger kJ et cc en J provoque une erreur d'un facteur 10001000

Vérifiez les grandeurs et les unités dans ce tableau avant de remplacer les variables par des valeurs. Chaque ligne relie la lecture physique de l'énoncé à une substitution valable dans la formule. Si un résultat paraît étrange, vérifiez d'abord ces conversions. Ce réflexe apparaît aussi dans nos erreurs de physique qui sont des erreurs de maths.

Exemple 1 : énergie pour chauffer de l'eau

Chauffons 0,250 kg0{,}250\ \mathrm{kg} d'eau liquide de 20∘C20^\circ\mathrm{C} à 60∘C60^\circ\mathrm{C}. Prenons cw=4186 J/(kg⋅K)c_w=4186\ \mathrm{J/(kg\cdot K)}. L'eau reste liquide ; nous négligeons l'énergie absorbée par le récipient et l'air. La variation est ΔT=60−20=40 K\Delta T=60-20=40\ \mathrm{K}. Donc

Q=(0,250)(4186)(40)=41 860 J=41,86 kJ.Q=(0{,}250)(4186)(40)=41\,860\ \mathrm{J}=41{,}86\ \mathrm{kJ}.

Contrôle sans refaire toute la multiplication : la capacité thermique de l'échantillon vaut 1046,5 J/K1046{,}5\ \mathrm{J/K}. Une hausse de 40 K40\ \mathrm{K} demande 40(1046,5)=41 860 J40(1046{,}5)=41\,860\ \mathrm{J}. Les unités sont cohérentes : kg×J/(kg⋅K)×K=J\mathrm{kg}\times\mathrm{J/(kg\cdot K)}\times\mathrm{K}=\mathrm{J}. Le signe positif convient à une énergie reçue par l'eau.

Si un appareil de chauffage fournit davantage, une part peut aller au récipient et à l'air ambiant. Q=mcΔTQ=mc\Delta T a calculé l'énergie reçue par l'eau, pas nécessairement l'énergie électrique prise à la prise.

Exemple 2 : trouver une masse ou une variation de température

Supposons que 12 558 J12\,558\ \mathrm{J} soient transmis à de l'eau liquide et que sa température augmente de 20 K20\ \mathrm{K}. Réarrangeons avant de remplacer les valeurs :

m=QcΔT=12 5584186(20)=0,150 kg.m=\frac{Q}{c\Delta T} =\frac{12\,558}{4186(20)} =0{,}150\ \mathrm{kg}.

Cela fait 150 g150\ \mathrm{g}. La substitution inverse donne 0,150(4186)(20)=12 558 J0{,}150(4186)(20)=12\,558\ \mathrm{J}. Si l'on trouvait 150 kg150\ \mathrm{kg}, il faudrait d'abord rechercher un oubli de conversion des grammes.

Changeons d'inconnue : 0,500 kg0{,}500\ \mathrm{kg} d'aluminium reçoivent 9000 J9000\ \mathrm{J}. Avec cAl=900 J/(kg⋅K)c_{Al}=900\ \mathrm{J/(kg\cdot K)}, l'élévation de température vaut

ΔT=Qmc=90000,500(900)=20 K.\Delta T=\frac{Q}{mc}= \frac{9000}{0{,}500(900)}=20\ \mathrm{K}.

Si l'échantillon commence à 20∘C20^\circ\mathrm{C}, il termine à 40∘C40^\circ\mathrm{C}. La hausse est de 20 K20\ \mathrm{K} ; les températures initiale et finale sont exprimées en Celsius. C'est compatible parce que les incréments des deux échelles sont égaux, même si leurs zéros diffèrent.

Exemple 3 : refroidissement et Q négatif

Un morceau de cuivre de 0,200 kg0{,}200\ \mathrm{kg} refroidit de 80∘C80^\circ\mathrm{C} à 30∘C30^\circ\mathrm{C}. Avec cCu=387 J/(kg⋅K)c_{Cu}=387\ \mathrm{J/(kg\cdot K)}, ΔT=30−80=−50 K\Delta T=30-80=-50\ \mathrm{K} :

QCu=(0,200)(387)(−50)=−3870 J.Q_{Cu}=(0{,}200)(387)(-50)=-3870\ \mathrm{J}.

Le signe moins indique que de l'énergie a quitté le cuivre, puisque nous comptons QQ positif vers l'objet. Le cuivre a cédé 3870 J3870\ \mathrm{J} en valeur absolue. Cela ne signifie pas qu'il « contient une chaleur négative ». Si un autre objet reçoit toute cette énergie dans un dispositif isolé, son QQ est +3870 J+3870\ \mathrm{J}. Dans un dispositif ouvert, une part peut aller à l'environnement ; sans autre donnée, on ne peut pas attribuer tout le transfert à un seul destinataire.

L'ordre de grandeur se vérifie : le morceau de cuivre a une capacité thermique de 0,200(387)=77,4 J/K0{,}200(387)=77{,}4\ \mathrm{J/K}. Multipliez par une baisse de 50 K50\ \mathrm{K} pour obtenir 3870 J3870\ \mathrm{J}, puis mettez le signe moins pour l'énergie sortante.

Exemple 4 : mélanger du cuivre chaud et de l'eau froide

Plongeons 0,200 kg0{,}200\ \mathrm{kg} de cuivre initialement à 90∘C90^\circ\mathrm{C} dans 0,300 kg0{,}300\ \mathrm{kg} d'eau liquide initialement à 20∘C20^\circ\mathrm{C}. Imaginons un récipient isolé de capacité thermique négligeable, sans changement d'état. Les deux atteignent une température finale commune TfT_f. L'énergie cédée par le cuivre égale celle gagnée par l'eau :

QCu+Qw=0,Q_{Cu}+Q_w=0, (0,200)(387)(Tf−90)+(0,300)(4186)(Tf−20)=0.(0{,}200)(387)(T_f-90) +(0{,}300)(4186)(T_f-20)=0.

Les capacités thermiques sont 77,4 J/K77{,}4\ \mathrm{J/K} pour le cuivre et 1255,8 J/K1255{,}8\ \mathrm{J/K} pour l'eau. En réarrangeant :

Tf=77,4(90)+1255,8(20)77,4+1255,8=24,06∘C.T_f=\frac{77{,}4(90)+1255{,}8(20)}{77{,}4+1255{,}8} =24{,}06^\circ\mathrm{C}.

Cette température est entre 20∘C20^\circ\mathrm{C} et 90∘C90^\circ\mathrm{C} et plus proche de celle de départ de l'eau, dont la capacité thermique de l'échantillon est bien plus grande. Un résultat supérieur à 90∘C90^\circ\mathrm{C} ou inférieur à 20∘C20^\circ\mathrm{C} contredirait l'hypothèse d'absence d'énergie extérieure.

Vérifions avec la valeur non arrondie : pour le cuivre, QCu=77,4(24,0639−90)=−5103,45 JQ_{Cu}=77{,}4(24{,}0639-90)=-5103{,}45\ \mathrm{J} ; pour l'eau, Qw=1255,8(24,0639−20)=+5103,45 JQ_w=1255{,}8(24{,}0639-20)=+5103{,}45\ \mathrm{J}. Leur somme est nulle à l'arrondi près. La section calorimétrie d'OpenStax utilise le même bilan pertes plus gains. Un vrai récipient absorberait aussi de l'énergie ; sa capacité devrait entrer dans un bilan plus précis.

Quand l'équation ne convient plus

L'équation suppose une variation de température dans une seule phase. Pendant la fusion ou l'ébullition, de l'énergie peut entrer alors que la température reste presque constante pendant la transition. Poser ΔT=0\Delta T=0 dans mcΔTmc\Delta T et conclure qu'aucune énergie n'est nécessaire emploierait le mauvais modèle. Découpez le processus en étapes de chauffe avec mcΔTmc\Delta T et étapes de changement d'état avec mLmL, lorsque l'énoncé fournit la chaleur latente adaptée. OpenStax traite ces changements à part.

La capacité thermique massique n'est pas non plus parfaitement constante à toute température ou dans tout état. Un système ouvert ne retient pas toute l'énergie transférée dans le seul échantillon nommé. Un exercice introductif fournit en général cc et précise quelles pertes négliger. Notez ces hypothèses à côté de la formule. Pour une expérience ou un appareil réel, il faut mesurer ou modéliser le récipient, l'environnement et la dépendance à la température plutôt que forcer une seule valeur de manuel.

Pour un nouveau problème, inscrivez l'objet, sa masse en kilogrammes, son matériau et sa phase, cc avec unité et Tf−TiT_f-T_i. Décidez si QQ entre dans l'objet ou en sort. Dans un mélange, écrivez un QQ signé pour chaque objet, et annulez leur somme seulement si le système est supposé isolé. Le thème Chaleur et température de Physics Zen vous entraîne sur cette mise en place avec des valeurs renouvelées et des solutions détaillées. Le contrôle des unités et du bilan doit faire partie du calcul, pas venir après.

Questions fréquentes

Que signifie capacité thermique massique ?
La capacité thermique massique c indique l'énergie à transférer pour changer d'un kelvin la température d'un kilogramme de matériau, approximativement sur un intervalle où c reste constant. Son unité SI est J/(kg·K). La capacité thermique C=mc concerne un échantillon précis.
Peut-on utiliser des degrés Celsius dans Q = mcΔT ?
Oui, pour une différence de température. Une variation de 1 °C a la même taille qu'une variation de 1 K : de 20 °C à 60 °C, ΔT=40 °C=40 K. Dans d'autres formules, ne prenez pas une température absolue en degrés Celsius pour une température en kelvins.
Q est-il négatif lors du refroidissement ?
Oui si Q désigne l'énergie reçue par l'objet. Lorsqu'il refroidit, ΔT=Tfinal−Tinitial est négatif, donc Q=mcΔT aussi. Sa valeur absolue est l'énergie libérée dans le modèle idéal.
Q = mcΔT couvre-t-il la fusion ou l'ébullition ?
Non, un seul calcul à c constant ne couvre pas un changement d'état. L'énergie peut changer la phase sans changer la température. Séparez les étapes où la température varie avec mcΔT et celles de changement d'état avec mL, si l'énoncé fournit la chaleur latente.